sept 18 2011

Le prix du roman Fnac, dixième édition

Le prix littéraire de la Fnac et la sélection des ouvrages que l’enseigne met en avant lors de la rentrée littéraire me tiennent particulièrement à coeur de par leur concept. En effet la sélection est établie par des lecteurs, libraires et adhérents, qui découvrent en avant première une grande partie des ouvrages à paraître en lors de la rentrée littéraire de septembre avant que ceux-ci soient publiés et commentés dans la presse, bien avant les grands prix du mois de novembre, et donc en se soustrayant à toute influence extérieure, et en distinguent quelques uns pour l’attrait de leur lecture. Le roman récompensé par le prix du roman Fnac est issu de cette sélection.

Pour cette rentrée littéraire 2011, je faisais partie du jury adhérents Fnac.

Dans ce cadre, la Fnac m’a proposé au mois de juin de lire en avant-première quatre romans, ce que je me suis empressée de faire. Il s’agissait de :
- Vers la mer, Anne-Sophie Stefanini, Lattès,
- Désolations, David Vann, traduit par Laura Derajinski, Gallmeister,
- Assommons les pauvres !, Shumona Sinha, L’Olivier,
- Les vaches de Staline, Sofi Oksanen, Stock.
Je vous fais part peu à peu de mes commentaires sur ces lectures.

Suite aux retours de tous les libraires et adhérents Fnac ayant participé, la Fnac a retenu pour sa sélection les trente ouvrages suivants :

Sélection des libraires Fnac 
- Limonov, Emmanuel Carrère, POL,
- L’art français de la guerre, Alexis Jenni, Gallimard,
- Room, Emma Donoghue , traduit par Virginie Buhl, Stock,
- Des vies d’oiseaux, Véronique Ovaldé, L’Olivier,
- Scintillation, John Burnside , traduit par Catherine Richard, Métailié,
- Juste avant, Fanny Saintenoy, Flammarion,
- Persécution, Alessandro Piperno , traduit par Fanchita Gonzalez-Batlle, Liana Levi,
- Et rester vivant, Jean-Philippe Blondel, Buchet-Chastel,
- Rue Darwin, Boualem Sansal, Gallimard,
- Des garçons d’avenir, Nathalie Bauer, Philippe Rey,
- La question Finkler, Howard Jacobson , traduit par Pascal Loubet, Calmann-Lévy,
- Terezin plage, Morten Brask , traduit par Caroline Berg, Presses de la cité,
- Opium Poppy, Hubert Haddad, Zulma,
- Avant le silence des forêts, Lilyan Beauquel, Gallimard,
- L’ampleur du saccage, Kaoutar Harchi, Actes sud,

Sélection des adhérents Fnac
- L’équation africaine, Yasmina Khadra, Julliard,
- Du domaine des murmures, Carole Martinez, Gallimard,
- Le Turquetto, Metin Arditi, Actes sud,
- Les savants, Joseph Manu, Philippe Rey,
- Des fourmis dans la bouche, Khadj Hane, Denoël,
- Tableaux noirs, Alain Jaubert, Gallimard,
- La femme du tigre, Téa Obreht, traduit par Marie Boudewyn, Calmann-Lévy,
- Parties communes, Camille Bordas, Joëlle Losfeld,

Sélection commune des libraires et adhérents
Tout, tout de suite, Morgan Sportès, Fayard,
- Rien ne s’oppose à la nuit, Delphine de Vigan, Lattès,
- Les souvenirs, David Foenkinos, Gallimard,
- Retour à Killybegs, Sorj Chalandon, Grasset,
- Désolations, David Vann, traduit par Laura Derajinski, Gallmeister,
- Eux sur la photo, Hélène Gestern, Arlea,
- Le héron de Guernica, Antoine Choplin, Le Rouergue.

C’est parmi ces ouvrages finalistes qu’a été distingué le prix du roman Fnac, dixième édition.

J’ai assisté à la soirée de remise du prix, le 31 août au théâtre Claude Lévi-Strauss du Musée du Quai Branly. Au programme, dans le désordre, discours d’Alexandre Bompard, le PDG de la Fnac, lectures d’extraits des sept romans finalistes, accordéon, champagne, petits-fours et bien sûr la remise du prix : C’est le très beau Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine de Vigan qui a décroché le prix du roman Fnac ! La romancière lauréate nous a honorée d’un discours ému.

Mon billet sur Rien ne s’oppose à la nuit viendra prochainement mais je peux déjà vous dire que c’est un livre qui m’a énormément touchée.

Depuis la remise du prix Fnac, les jurys de plusieurs grands prix littéraires de l’automne ont rendues publiques leur premières sélections, et l’ouvrage de Delphine de Vigan figure dans les listes des prix Femina, Medicis, Renaudot et Goncourt (remise de tous ces prix au mois de novembre).


août 27 2011

Vers la mer, Anne-Sophie Stefanini

A la veille de ses 19 ans, Laure partira vers le Sud et vers d’autres contrées dans le sillage des grandes aventurières d’une autre époque. C’est un voyage qu’elle mûrit depuis son enfance et dont sa mère Catherine qui l’a élevée seule lui a donné l’envie.

Pour leur dernier tête-à-tête, Catherine accompagnera Laure en voiture de Paris jusqu’à Nice. Nice, la ville dont elle est originaire mais qu’elle a quitté vingt ans plus tôt pour fuir sa mère atteinte d’Alzheimer et vivre son propre voyage initiatique…

Point d’homme dans cette famille-là, mais deux personnages féminins (la mère et la fille) entiers, capables de partir du jour au lendemain sans aucune attache.

Et le voyage en voiture s’étire au rythme des rencontres et des avaries matérielles.

Seulement voilà, je n’ai pas du tout adhéré aux personnages, à leur dessein, à la fatalité qui les accablerait. Certes, l’univers intérieur des deux femmes, peuplé de rêveries de voyages, n’est pas dénué de charme mais le propos de l’auteure est confus et le roman égrène clichés et réflexions romantico-naïves que j’ai trouvé assez ennuyeuses.

Un roman qui à mes yeux manque de maturité. Dommage.

J’ai découvert Vers la mer dans le cadre de la présélection pour le Prix du roman Fnac 2011.

Vers la mer, Anne-Sophie Stefanini, éditions JC Lattès, août 2011, 235 pages.