mai 19 2012

Seconde sélection du prix Orange du livre 2012

C’est au début du mois que le Prix Orange du livre dont je suis jurée a dévoilé sa seconde sélection.

Nous nous étions réunis quelques jours plus tôt pour délibérer et cette fois encore les débats ont été animés. Imaginez un peu, seize jurés passionnés, aux goûts parfois contrastés, ayant pour mission de choisir cinq ouvrages parmi une liste de trente-trois qui était déjà de bonne qualité… J’ai d’ailleurs moult regrets en constatant que plusieurs des titres que je soutenais ne sont pas dans la shortlist. Mais le vote a parlé, et voici les cinq titres retenus pour la sélection finale :

- Belle famille, Arthur Dreyfus, Gallimard

Dans ce second roman, Arthur Dreyfus réinterprète un fait divers, la disparition d’un enfant qui avait fait la une des médias il y a quelques années. Mais l’auteur a su trouver un ton singulier et s’est affranchi de la réalité pour explorer la piste d’une mère qui aurait fait disparaître le corps de son fils, mort accidentellement. Il tire avec brio les ficelles de son intrigue, et le résultat est un petit bijou de cynisme et d’humour noir. 

- Le mystère Sherlock, J.M. Erre, Buchet Chastel

Dans un lieu de villégiature suisse sont réunis dix universitaires à l’occasion d’un colloque sur Sherlock Holmes. Colloque à l’issue duquel devrait être désigné le titulaire de très convoitée chaire d’holmésologie de la Sorbonne, un poste pour lequel chacun de ces universitaires serait prêt à tout. L’endroit se retrouve isolé du reste du monde pour cause d’intempéries… Pastiche des Dix petits nègres d’Agatha Christie, Le mystère Sherlock est une intrigue en huis clos avec au programme décès inquiétants et pour le lecteur, fous rires garantis.

- Tangente vers l’est, Maylis de Kerangal, Verticales

Maylis de Kerangal transporte son lecteur à bord d’un transsibérien qui s’enfonce vers l’est. Elle y campe dans une écriture tendue la rencontre improbable entre un très jeune appelé russe qui rêve de prendre la tangente et une française qui vient de quitter son amant russe. L’esprit vagabonde face à l’immensité des paysages russes. Tangente vers l’est a reçu le prix Landerneau.

- L’élimination, Rithy Panh avec Christophe Bataille, Grasset

L’élimination est un témoignage magistral du génocide perpétré par les Khmers rouges. Un livre dur mais important qui s’est d’ailleurs déjà vu décerné les prix Aujourd’hui et Essai France télévision.

- Bon rétablissement, Marie-Sabine Roger, Le Rouergue.

Avec Bon rétablissement, Marie-Sabine Roger nous convie dans une chambre d’hôpital au chevet d’un narrateur à la verve et au franc-parler réjouissant. Celui-ci, solitaire et vieillissant réapprend lors cette convalescence le plaisir de tisser du lien social. Tendre et souvent désopilant.

Cinq livres très différents les uns des autres mais qui ont tous d’indéniables qualités.

C’est maintenant aux internautes de voter pour le livre de leur choix. Pour ceux qui ne l’aurait pas encore fait, vous pouvez encore voter jusqu’à demain soir. Et si vous avez encore des doutes, je ne saurais trop vous conseiller de soutenir le livre à mes yeux le plus remarquable dans cette sélection, Belle famille d’Arthur Dreyfus.

Pour voter, c’est ici.

Et enfin, voici quelques images des délibérations :


Prix Orange du Livre – La parole du jury


avr 2 2012

Première sélection du prix Orange du livre 2012

Le prix Orange du livre 2012 pour lequel je suis jurée vient tout juste de dévoiler sa première sélection.

Rappelons que le prix Orange du livre porte sur les romans et recueils de nouvelles français sortis depuis début janvier 2012. Le jury du prix est composé d’auteurs (Erik Orsenna, qui préside le jury, David Thomas, le lauréat de l’an passé, mais aussi Karine Tuil, David Foenkinos et Carmen Bramly), de deux libraires (Emmanuel Delhomme de la librairie Livre Sterling à Paris qui est aussi l’auteur d’Un libraire en colère et Anne-Sophie Thuard de la librairie Thuard au Mans), d’une chanteuse (Camélia Jordana), et de huit internautes dont je fais partie.

Nous nous sommes réunis en fin de semaine dernière pour délibérer. Mais, comme nous avons eu beaucoup de mal à trancher, au lieu des trente livres annoncés, nous en avons finalement retenu trente-trois, que voici :

- Moi, Khaled Kelkal, Salim Bachi, Grasset

- Un baiser blanc, Emile Brami, L’Editeur

- Le palais des autres jours, Yasmine Char, Gallimard

- L’hébétude des tendres, René Corona, Finitude

- Rhapsodie pour une dent creuse, Régis Delicata, Grasset

- Belle famille, Arthur Dreyfus, Gallimard

- Kamal Jann, Dominique Eddé, Albin Michel

- Le Mystère Sherlock, J.M. Erre, Buchet Chastel

- Il faudrait s’arracher le cœur, Dominique Fabre, L’Olivier

- La ligne de courtoisie, Nicolas Fargues, POL

- Claustria, Régis Jauffret, Seuil

- Nos vies désaccordées, Gaëlle Josse, Autrement

- Le miracle, Ariel Kenig, L’Olivier

- Tangente vers l’est, Maylis de Kerangal, Verticales

- La tête à Toto, Sandra Kollender, Steinkis

- Le syndrome de glissement, Elisabeth Laureau-Daull, Arléa

- Suppléments à la vie de Barbara Loden, Nathalie Léger, POL

- Nobody, Bruno Masi, Naïve

- Second tour ou Les bons sentiments, Isabelle Monnin, JC Lattès

- United Colors of Crime, Richard Morgiève, Carnets nord – Montparnasse

- Un garçon sans séduction, Christophe Mouton, Julliard

- L’élimination, Rithy Panh avec Christophe Bataille, Grasset

- Au pays des kangourous, Gilles Paris, Don Quichotte

- L’homme à la carrure d’ours, Franck Pavloff, Albin Michel

- Journal d’un corps, Daniel Pennac, Gallimard

- La belle année, Cypora Petitjean-Cerf, Stock

- Une collection très particulière, Bernard Quiriny, Seuil

- Comme un frère, Stéphanie Polack, Stock

- Electrochocs, Martine de Rabaudy, Flammarion

- Bon rétablissement, Marie-Sabine Roger, Le Rouergue

- La meilleure façon de s’aimer, Akli Tadjer, JC Lattès

- L’urgence et la patience, Jean Philippe Toussaint, Minuit

- A défaut d’Amérique, Carole Zalberg, Actes sud

Cinq livres seront retenus à l’issue de la seconde sélection dans un mois (et au vu des difficultés que nous avons rencontrées pour choisir une trentaine de titres, je crains que les prochaines délibérations pour aboutir à cette deuxième sélection soient sanglantes…).

Ensuite ce sera aux internautes – à vous peut-être si vous le souhaitez – de voter pour le livre de leur choix parmi les titres de la seconde sélection afin de désigner le lauréat de cette édition 2012. Une raison de vous intéresser dès maintenant aux livres sélectionnés et de ne pas hésiter à laisser des appréciations sur les ouvrages que vous aurez lus sur le site du Prix Orange du livre.

Quant à moi, même si je suis encore loin d’avoir lu tous les ouvrages de la sélection,  j’ai déjà plusieurs coups de cœur dans cette liste : Claustria de Jauffret, Le miracle de Kenig, United Colors of Crime de Morgiève, La belle année de  Petitjean-Cerf, Comme un frère de Polack ou encore A défaut d’Amérique de Zalberg. J’ai aussi été heureusement surprise par La ligne de courtoisie alors que jusqu’ici j’étais restée assez hermétique à l’écriture de  Nicolas Fargues (notamment souvenirs très mitigés de J’étais derrière toi qui avait pourtant reçu un très bon accueil lors de sa sortie).

Bonnes lectures !


avr 1 2012

La biche ne se montre pas au chasseur, Eloïse Lièvre

« La première fois bien sûr, il ne s’est rien passé. Je ne me suis pas inquiétée. J’ai trouvé ça dommage simplement, éprouvant déjà le sentiment, mais inoffensif et léger, de l’échec face à la dictature de la performance. J’aurais bien aimé, à cette occasion encore, être la plus forte.
J’avais cru si longtemps à la volonté. Ce temps avait existé, cette époque de confiance qui me revient à la figure avec la honte d’une claque reçue trop tard trop grande, ce temps rangé maintenant dans les armoires aux odeurs de camphre et de clôture avec les vêtements et le fatras de jouets d’enfance qu’on n’a pas jetés, ce temps où il suffisait de vouloir pour que les choses se produisent, que les événements aient lieu, que les désirs soient exaucés, un cil sur la joue je fais un vœu, la première cerise de l’année je fais un vœu, on y croyait. Et lorsqu’il arrivait qu’il n’en fût pas ainsi, nulle incompréhension, mais un simple entêtement de la volonté, tant il était clair que ce ne pouvait être qu’une cause réelle, identifiable et concrète, les parents les circonstances, des inconvénients de rien du tout, balayés d’un revers d’énergie tête haute, qui empêchait alors, avec une tyrannie abjecte à soulever des vengeances, la réalisation de tout désir. »

Sur la couverture aux teintes roses, une figurine féminine – jouet pour enfant – nue et fardée, évoque déjà la féminité et le rapport au corps. La biche ne se montre pas au chasseur, premier roman, traite du désir d’enfanter pour la femme, et du questionnement qui découle de la difficulté à concevoir un enfant.

La narratrice, fraîchement mariée, souhaite devenir mère. Seulement les mois passent et malgré les tentatives des jeunes époux, la grossesse se laisse désirer. La jeune femme pour qui jusqu’ici tout avait été facile est en proie à l’incompréhension. La voici confrontée à une parcours gynécologique éprouvant, interrogeant la science sur une cause rationnelle, physiologique, qui justifierait le fait de ne pas tomber enceinte. En vain. L’attente la consume. Face à la maternité des autres, douleur et jalousie affleurent. La jeune femme se penche alors sur son histoire personnelle. Elle explore les territoires de l’enfance et de la puberté, convoquant des souvenirs familiaux ou encore le bestiaire qui a accompagné son éveil à la sexualité, jusqu’à faire émerger un évènement fondateur qui était rangé soigneusement dans l’un des tiroirs de sa mémoire.

L’auteure campe avec justesse l’impatience de la femme face à son désir de maternité, le désarroi et le sentiment d’échec vis-à-vis d’elle-même mais aussi vis-à-vis de la société que suscite le non-accomplissement de son désir. La quête intime qui préside la deuxième partie de l’ouvrage est abordée sous un prisme personnel audacieux, mais toujours avec sensibilité. En filigrane, il y est question du pouvoir du psychisme sur le corps. Le texte est finalement tout en retenue, certains évènements n’étant suggérés qu’à demi-mot.

Quant à la plume d’Eloïse Lièvre, elle est délicate et singulière, et certaines phrases emportent le lecteur dans des directions inattendues.

C’est en somme une très belle voix féminine qui livre un récit pudique et peu consensuel.

Attention, talent à découvrir ! La biche ne se montre peut-être pas au chasseur, mais elle se dévoile à nous lecteurs ; ne nous en privons pas.

Ce roman a été sélectionné par l’Opération Manuscrits 2009 de la revue Technikart. Il faisait partie des 4 finalistes présentés au Salon du livre de Paris en mars 2009.

Quant à moi, je l’ai découvert dans le cadre de la présélection pour le prix Orange du livre 2012.

La biche ne se montre pas au chasseur, Eloïse Lièvre, D’un noir si bleu, février 2012, 156 pages


mar 20 2012

Les petits succès sont un désastre, Sonia David

« J’allais écrire sur l’amitié pour confirmer, comme je l’avais affirmé à Vincent, que ce n’était pas grave. Et rendre grâce aux parenthèses – les bistrots, les bandes, le verre de trop, la dernière cigarette -, ces merveilleux moments sans conséquence qui font le présent et peut-être, aussi, les meilleurs souvenirs. »

Ce roman s’ouvre sur le récit qu’entreprend Rose, la narratrice, à l’attention de ses enfants, récit de la rencontre avec leur père Vincent dans le supermarché Carrefour de leur quartier le jour du décès de Paul Newman. Sauf que quelques pages plus loin, on découvre que la narratrice n’a pas d’enfant, et d’ailleurs que le susnommé Vincent est homosexuel. D’emblée l’auteure brouille les pistes…

Ce premier artifice par lequel la narratrice mélange le récit réel et le récit fantasmé est en fait l’annonce du principal ressort de l’ouvrage.

Les petits succès sont un désastre est l’histoire d’une bande de copains montmartrois. Ils se retrouvent régulièrement dans un bistrot du quartier, Le Papillon. Il y a les plus fidèles qui viennent tous les soirs ou presque et ceux qui passent de temps à autre. Lorsque la narratrice Rose, gagne 60 000 euros à un jeu, elle décide d’en profiter pour suspendre son activité professionnelle et se consacrer à l’écriture d’un premier roman. Un roman qui parlerait justement de cette bande d’amis, La Pap’ team. Mais avec quelques petits arrangements avec la réalité. A propos tout ce qui précède était-il l’histoire, ou l’histoire dans l’histoire, celle qui est racontée dans le roman de Rose ?

Les petits succès sont un désastre est donc d’abord la chronique d’une amitié. L’auteure sait saisir toutes ces petites choses qui font une bande d’amis, les conversations, les références, les petits rituels ; percent aussi ça et là les affinités mais aussi les griefs qui dorment. En outre elle développe la personnalité de chacun des protagonistes et nous les rends attachants malgré (ou peut-être avec) leurs défauts et leurs failles. La plume est alerte, les dialogues sont réjouissants, c’est plein de vie et souvent d’humour.

Puis au fur et à mesure que le roman avance s’y glissent les réflexions de Rose quant à son rapport à l’écriture et à la question soulevée en quatrième de couverture : « Ecrire, est-ce forcément trahir ?». Le livre ne prétend pas répondre à cette interrogation de manière universelle (il y a bien d’autres procédés que celui employé par Rose pour aboutir à un roman en utilisant le matériau de son propre entourage). Cependant en ce qui concerne Rose, celle-ci choisit délibérément de rester suffisamment proche de ses amis pour que ceux-ci s’y reconnaissent mais de fantasmer la réalité, s’en éloignant trop pour qu’ils puissent s’y retrouver et adhérer. Il est légitimement question de trahison. On appréciera la pertinence de tout ce questionnement.

« Depuis le lit de ma nouvelle vie, j’aperçois la mer, elle emplit la moitié de la fenêtre, ma fenêtre serait un vase à moitié rempli de Méditerranée, j’observe le vase et je refais le livre à l’envers, inlassablement, une lecture entre les lignes, là où mes motifs aiment à se cacher, là où je m’obstine à les traquer. Je m’attaque à l’un ou l’autre des chapitres, bercée par l’horizon, et s’agissant de Tica, tout comme de tout le reste, les hypothèses varient en fonction de l’indulgence que je me sens plus ou moins prête à m’accorder. Parfois, je pense que je n’ai pas évoqué le passé de Tica parce que son excès de gravité risquait de brouiller les pistes d’une histoire délibérément pas grave. D’autres fois je me heurte à un explication plus indicible : je m’offre à moi le rôle un jour tenu par elle, je m’offre Merlin comme s’il s’agissait de réparer une erreur de casting telle que la vraie vie en commet tant. Je prends sa place, une place qui, me semble-t-il, me revient plus légitimement. Cette version là doit être la bonne, sûrement, inavouable au point que même dans le livre, je ne parviens pas à l’assumer entièrement. »

Les petit succès sont un désastre est un premier roman attachant, à la construction originale mais bien maîtrisée, où le lecteur prendra je l’espère autant de plaisir que moi à démêler le vrai du faux.

J’ai découvert ce livre dans le cadre de l’opération Masse critique organisée par Babelio, mais aussi en vue de la présélection pour le prix Orange du livre 2012.

Les petits succès sont un désastre, Sonia David, éditions Robert Laffont, janvier 2012, 419 pages



mar 11 2012

United colors of crime, Richard Morgiève

« Au fond il s’en moque de l’argent. ll connaît. Il a goûté, abusé. Mais cette pensée est trop sacrilège. Elle remet en cause toute sa vie, tout le futur. Il l’efface. »

25 août 1951, une Buick file en direction du Mexique sur une piste texane. Chaim Chlebeck, 31 ans est en cavale après avoir supprimé un des parrains de la mafia new-yorkaise et embarqué un sacré paquet de pognon… Mais agressé par des cowboys du coin il est laissé pour mort sur le bord de la route. Il est retrouvé et soigné par un étrange couple, Dirk un scientifique allemand d’une soixantaine d’année qui s’est enterré dans le cul du Texas pour fuir les travaux sur la bombe atomique dans lesquels il était impliqué et qui s’est passionné pour la cause amérindienne, et Dallas, une jeune indienne navajo, farouche et d’une singulière beauté malgré son oeil de verre.

De cette longue convalescence dans le désert texan, au milieu de paysages immenses à vous rendre fou, Chaim restera t-il inchangé, un homme apatride, sans attache, qui ne croit en rien si ce n’est au pouvoir de la violence et de l’argent ? Même son nom il l’a volé à un soldat tombé durant la seconde guerre mondiale, puisque notre homme est en fait né en Ryszard Morgiewicz en Pologne.

Et peut-on vraiment échapper à un passé mafieux ?

Qu’est-ce donc qu’United colors of crime ? Un western, un roman d’aventures, un policier ? Une histoire d’hommes, des vrais, des durs, à l’ancienne ? Il y a un peu de tout cela mais le roman ne Richard Morgiève ne peut se réduire à sa seule trame.

Un livre politique et sociétal peut-être aussi puisqu’il s’inscrit dans l’Amérique, celle qui a massacré les indiens, celle du maccarthysme, de la bombe atomique, de la guerre froide, celle des prémices de la mondialisation et de la société de consommation ?

C’est aussi et surtout une histoire d’amour et de rédemption. Mais l’un et l’autre prennent du temps alors l’auteur s’attarde durant la convalescence de Chaim, le confronte à son passé, met en scène une galerie de personnages excentriques, recourt à des rites indiens et assène des vérités sur l’âme humaine… Puis peu à peu le roman se fait lumineux pour aborder les préludes de cet amour,  avec pudeur et poésie.

Chaim, alias Ryszard Morgiewicz serait en fait l’oncle de Richard Morgiève. Ce dernier en sublimant la vie de cet oncle obscur, nous offre un livre d’une beauté époustouflante.

On en vient à rêver d’une adaptation cinématographique qui serait à la hauteur…

J’ai découvert United colors of crime dans le cadre de la préselection pour le prix Orange du livre 2012.

United Colors of Crime, Richard Morgiève, Carnets Nord, janvier 2012, 320 pages