août
27
2011
A la veille de ses 19 ans, Laure partira vers le Sud et vers d’autres contrées dans le sillage des grandes aventurières d’une autre époque. C’est un voyage qu’elle mûrit depuis son enfance et dont sa mère Catherine qui l’a élevée seule lui a donné l’envie.
Pour leur dernier tête-à-tête, Catherine accompagnera Laure en voiture de Paris jusqu’à Nice. Nice, la ville dont elle est originaire mais qu’elle a quitté vingt ans plus tôt pour fuir sa mère atteinte d’Alzheimer et vivre son propre voyage initiatique…
Point d’homme dans cette famille-là, mais deux personnages féminins (la mère et la fille) entiers, capables de partir du jour au lendemain sans aucune attache.
Et le voyage en voiture s’étire au rythme des rencontres et des avaries matérielles.
Seulement voilà, je n’ai pas du tout adhéré aux personnages, à leur dessein, à la fatalité qui les accablerait. Certes, l’univers intérieur des deux femmes, peuplé de rêveries de voyages, n’est pas dénué de charme mais le propos de l’auteure est confus et le roman égrène clichés et réflexions romantico-naïves que j’ai trouvé assez ennuyeuses.
Un roman qui à mes yeux manque de maturité. Dommage.
J’ai découvert Vers la mer dans le cadre de la présélection pour le Prix du roman Fnac 2011.
Vers la mer, Anne-Sophie Stefanini, éditions JC Lattès, août 2011, 235 pages.
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août
24
2011

Une très belle lecture.
Et pourtant aux premières pages de L’alcool et la nostalgie, je me suis dit que Mathias Enard (que je n’avais pas encore lu mais savais très cultivé) se reposait peut-être un peu trop sur ses références littéraires et ne laissait pas suffisamment aller sa plume.
Mais j’ai bien vite oublié mes a priori et il n’a pas fallu beaucoup de pages à l’auteur pour m’embarquer avec lui à bord du Transsibérien, et quel voyage ! Quelques quatre mille kilomètres durant lesquels le narrateur (à qui l’auteur a donné son propre prénom, Mathias) invoque les souvenirs d’un passé révolu, l’amour qu’il portait à Jeanne, sa rencontre avec Vladimir et toute l’ambivalence de sentiments qu’elle a suscité, l’énergie de cette jeunesse ardente, se consumant de drogue et l’alcool. La Russie et ses fantômes prêtent un cadre mélancolique au récit, et avec le recul du temps et la mort de Vladimir se fait sentir le poids de la nostalgie. le phrasé se déroule au rythme des pensées du narrateurs; la langue est belle, limpide. Les références littéraires sont bien présentes mais qu’y lire sinon un hommage aux écrivains qui ont accompagné Mathias Enard dans l’écriture de son livre. Un récit sensible et inspiré tout simplement.
L’alcool et la nostalgie, Mathias Enard, éditions Inculte, février 2011, 87 pages
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